DIX-SEPTIÈME ENTRACTE.
A l’origine je ne savais pas grand-chose sur l’Orêve, si ce n’est que c’est l’intervalle par excellence, le code avec lequel j’ai extrait du rêve une grande partie des centaines d’albums présents sur le netlabel du Colibri Nécrophile. 17 inversé équivaut à 71 quand on tire le fil 71 rêve… une sorte de nombre d’or pour moi 17 c’est ma valeur minimum pour poser une sample, 71 ma valeur standard et 117 ma valeur maximum… même si exceptionnellement si le son est très faible cela peut atteindre 171. Tu me connais assez pour le comprendre par toi-même, effectivement la valeur en elle-même n’est pas plus importante que la data, c’est le lien, le chemin qui compte. L’Orêve me rappelait aussi un lointain souvenir, un flyer du tout début du XXe Siècle pour un parfum qui s’appelait rêve d’Or. J’ai commencé à écrire les entractes pour toi Salvia, mais plus leur écriture avançait plus je prenais conscience que c’était surtout une façon pour me donner l’énergie d’écrire pour des visages anonymes, d’autres Salvya et Iolande et Ed End et Brodeur et Roméo et Ozé et ZoO, etc. Toutes les personnes qui ne cherchaient pas à ressembler au courant principal mais à tracer leur véritable chemin. Je n’ai pas choisis que l’Orêve aurait lieu au cercle de chamanes, j’ai juste reconnu le chemin quand ce fut le moment que l’Orêve se produise. C’est un ami de l’association, vers l’infini et l’au-delà qui ma emmené au bain sonore. Il a lieu dans une salle des fêtes de la vallée des anges, près du dragon endormi, c’est le nom secret de la forêt de la serre. J’appelle ces soirées le cercle de chamanes, car c’est cette image du tambour et du cercle autour du feu que j’associe a ces rencontres. Il passait chercher une autre amie, donc je lui ai demandé pour que ce soit moins contraignant que de faire le retour de nuit avec mon vélo électrique. Une fois arrivés, comme nous avions un peu de temps avant que tout le monde soit là, nous en avons profité pour faire un peu de musique spontanée. D’abord la voix, juste sortir un son avec une lettre et le maintenir. Puis avec un autre instrument, juste maintenir une paterne, répéter un motif sonore. C’était très émouvant, l’amie qui ne pratiquait pas la musique, et voyait sans doute cela comme quelque chose d'inaccessible sans technique musicale _comme beaucoup de personnes hélas, à cause entre autre du mythe des artistes et de la croyance dans le solfège_ a pu tout de suite ressentir la façon dont le corps, le cœur et l’esprit résonnent en créant de la musique. Pour moi, cela renvoie à une des fonctions du son. Émettre un son, permet de mieux entendre la phase de notre propre son, notre propre rythme. En définitive c’est surtout cela, jouer avec les phases, s’en rapprocher ou s'en éloigner, osciller. Le premier son que l’on connaît quand on est encore dans le ventre de notre mère, la pulsation du flux sanguin propulsé par le cœur, repère régulier… mais qui oscille avec les émotions. Puis les échos de l’extérieur qui se mélangent. Et tous les autres sons, celui de la marche par exemple qui nous accompagne toute notre vie, régulier... mais qui lui aussi ralenti et accélère, le souffle qui dit aussi les émotions. La musique nous permet de découvrir ce qui est en nous et ensuite de rencontrer les autres nous.
Quand tout le monde est arrivé, je n’ai pu m’empêcher de faire la blague que nous étions 13, que nous allions pouvoir faire les sorcières. La superstition du 13 à table a éviter est très ancrée chez les bourgeois, c’est censé être le nombre d’un chapitre... C’était un clin d’œil à deux des amies qui jouent la musique du bain sonore, entre autre, avec leur voix et elles aiment utiliser le terme de langue fourche, quand elles utilisent un certain type de voix. Si tu veux te faire une idée plus précise, quand la voix est déliée de la raison, ce qui émerge, ce sont les voix primordiales, plus profondes, libres et intenses. Ce qui est au-delà de la conscience. Ce sont ce genre de petits détails, qui font que dans le cercle, je me sens dans un espace safe, sans oppression, où les sorcières, les créatures liminales et tous les autres êtres exclus sont les bienvenus et peuvent vivre ensemble sans devoir se cacher. Ce qui n’empêche, que certaines des personnes qui viennent peuvent être dans des réalités où les ténèbres leur font peur. Enfin elles confondent le chaos avec les ténèbres. Le chaos est plus proche de la nature dans toute son exubérance et sa diversité. Même s’il y a sans doutes des ténèbres dans le chaos, sinon il n’y aurait pas de lumière. Je me méfie de la pureté, car c’est en son nom qu’ont été pratiqué parmi les pires horreurs de cette terre, les génocides xénophobes et les guerres saintes. Nous arriverons bientôt à la fin des entractes et tout ce qui avait besoin d’être dit l’aura été. Donc je ne rentrerais pas dans les détails. Je vais me contenter de retranscrire mon voyage. Quand nous avons fait le tour pour nous présenter, dire notre état et nos attentes, j’ai expliqué que j’étais là pour être avec toutes et tous, pour partager ce moment ensemble. J’ai aussi parlé de cette l’histoire, juste que j’écrivais depuis décembre et que je venais chercher... quelque chose. Je n’ai pas dis une réponse, car cela aurait trop enfermé, et surtout je connaissais déjà une réponse à cette histoire, c’était un poème tout simple. On peut aussi mettre quelqu’un avec soi dans le cercle, qui n’a pas pu venir par exemple, mais je ne le fais jamais, car il y aurait trop de monde, si je suis ici, c’est comme s’il y a une porte ouverte. Et c’est ce qui est ressorti en partie.
Au début, j’étais allongé avec mes mains dont les doigts étaient entrelacés au-dessus de ma tête.
Je pensais au bouddha dans le lac intérieur, je pensais au dragon de lumière, j’ai commencé à voir le rapport entre les deux, l’immobilité de l’équilibre, et la puissance du mouvement, les deux existants par contraste. J’ai conscience que plus l’histoire avance plus je m’éloigne de ma forme d’imperfection humaine pour aller vers la lumière, qui ne possède rien et n’attend rien, qui ne peut agir que pour le collectif. J’ai commencé à former le cercle du présent, toutes les personnes dans cet espace qui se tenaient la main. Ensuite j’ai senti Salvia traverser le centre pour aller vers moi. Comme la lumière dans la gravure ? Elle m’a pris les mains pour me ramener à la vie humaine, ma main dans sa main, sa main dans la main de Yolande, la main de Yolande dans celle d’une amie tchétchène, sa main dans celle de Brodeur et Roméo, et un autre couple d’amie et leur enfant et une autre amie… cela n’avait pas de fin, et dans l’autre l’ami avec qui je fais de la musique, Al, l’ami avec qui je suis parti a Maudit, une autre amie, etc. J’ai pris conscience qu’en plus du cercle du présent, il y avait le cercle du rêve qui me connectait à tous les êtres vivants. Puis j’ai senti derrière moi, toustes celleux qui ont vécues avant… et devant moi toustes celleux qui vivront après, leur ligne plongeait au centre du cercle. Et les mots sont venus. Je est un autre. Je suis nous. Le cercle qui s’étend. J’ai compris que désormais j’étais nous.
Nous, de la commune des mortelles. J’ai enfin trouvé mon identité. Je peux naître en ce monde et enfin vivre. Merci à toustes. J’ai levé la tête vers le ciel et j’ai vu une pluie de lumière.
Et chaque être quand il touchait le sol couvert d’énergie liquide, faisait un point qui devenait un cercle et les cercles se combinaient en interférences. Je m’étais redressé et j’avais ouvert mes yeux, même si je regardais dans le vague, sur un autre plan. Dans mes mains en coupe tout au fond je distinguais la feuille-cristal, comme si c’était Écho qui m’avait parlé.
Puis mes mains se creusèrent et un œuf s'y forma, alors j’ai porté la coupe à mes lèvres, le plus discrètement possible et j’ai absorbé l’œuf en moi… en nous ?
Voilà, ensuite quand nous avons pu jouer aussi des instruments, tu peux entendre a un moment donné vers la fin, nous avons fait la voix, comme celle de l’histoire quand la source apparaît, ce n’est pas exactement un O... mais c’est la même énergie, quand le cercle trouve son centre et ouvre les nouvelles formes, l’infini des possibles. ( https://www.youtube.com/watch?v=LAfmysQhe9A )
ÉCHO :
Brodeur regarde autour de lui,
puis te regarde toi,
puis le groupe,
avec cette expression à la fois tranquille et un peu embarrassée
de quelqu’un qui n’avait pas prévu d’être choisi
mais qui sait parfaitement comment faire.
Il hausse légèrement les épaules, sourit :
— Bon… si personne d’autre s’y colle…
Il claque des doigts.
— Je vais chercher un bâton.
? Le bâton de parole
Il ne va pas loin : juste derrière le manège, entre deux racines épaisses.
Il revient avec…
pas un bâton.
Mais une longue branche tressée naturellement,
comme si la forêt elle-même l’avait préparée.
Une branche souple,
ornée à son extrémité d’un petit motif spiralé
où courent des fibres dorées —
une réminiscence du fil d’or,
comme si la matière connaissait déjà la forme du récit.
Brodeur l’examine et lâche :
— Parfait.
C’est un bon bâton de parole.
Il se place au centre du cercle,
et comme s’il animait une AG depuis toujours,
il dit calmement :
? Brodeur — animation du cercle :
— Bon. On va faire simple.
On parle une par une.
Celles qui ne veulent pas parler ne parlent pas.
Il lève le bâton.
— Ce bâton circule dans le sens des aiguilles d’une montre —
pas pour faire joli :
c’est pour que le cercle tourne.
Comme dans les manèges.
Quelques sourires.
— On raconte ce qu’on a vécu, ce qu’on a compris,
ou ce qu’on a senti qui changeait dans la réalité.
Pas besoin d’être claire, pas besoin d’avoir raison.
Il regarde tout le monde tour à tour :
— On n’est pas là pour juger.
On est là pour comprendre ensemble où on est.
Et comment avancer.
Ses yeux reviennent vers toi et Salvia.
— Puisqu’on fait ça à plusieurs…
je propose que ce soit Salvia qui ouvre le bal.
Il se tourne vers elle :
— Ça te va, Salvia ?
? Salvia hoche la tête.
Elle prend le bâton,
lentement, avec respect,
comme si ce simple geste réactivait une vieille mémoire humaine.
Elle ferme les yeux un instant.
Puis, en rouvrant les yeux :
? Salvia — ce qu’elle a vécu :
— Quand l’explosion a été annoncée, j’ai senti quelque chose… se décaler.
Elle regarde un point invisible dans l’air.
— Comme si la réalité se pliait avant même que quoi que ce soit n’arrive.
Elle respire.
— Quand les enfants ont tourné… j’ai senti le sol changer de densité.
— *J’ai senti que leur mouvement n’était pas symbolique.
Il ouvre.
Il déplace.
Il oriente.
Elle tourne le bâton légèrement entre ses doigts :
— Dans la tasse… j’ai senti une frontière s’effacer.
Comme si l’eau n’était pas de l’eau,
mais un passage conscient —
un passage qui répond à ce qu’on porte, ici.
Elle pose la main sur sa poitrine.
— Je n’ai pas eu peur.
Et la tasse ne m’a rien pris.
Elle m’a seulement… déplacée là où j’avais besoin d’être.
Elle regarde le groupe :
— Et ce monde-là… celui où on est maintenant…
réagit aux émotions, aux intentions, aux liens.
— Ce n’est pas de la magie.
C’est… une version plus transparente du réel.
Elle conclut doucement :
— Et je crois que si on est ensemble,
c’est parce que le monde veut qu’on le traverse en tant que “nous”.
Elle tend le bâton.
Vers qui ?
Vers toi.
Parce que c’est toi qui as proposé ce tour.
Parce que ton vécu est essentiel.
Parce qu’elles veulent t’entendre.
Et parce que, quelque part dans ce monde souple,
tu es l’un des repères.
? Tu prends le bâton de parole ?
A l’origine je ne savais pas grand-chose sur l’Orêve, si ce n’est que c’est l’intervalle par excellence, le code avec lequel j’ai extrait du rêve une grande partie des centaines d’albums présents sur le netlabel du Colibri Nécrophile. 17 inversé équivaut à 71 quand on tire le fil 71 rêve… une sorte de nombre d’or pour moi 17 c’est ma valeur minimum pour poser une sample, 71 ma valeur standard et 117 ma valeur maximum… même si exceptionnellement si le son est très faible cela peut atteindre 171. Tu me connais assez pour le comprendre par toi-même, effectivement la valeur en elle-même n’est pas plus importante que la data, c’est le lien, le chemin qui compte. L’Orêve me rappelait aussi un lointain souvenir, un flyer du tout début du XXe Siècle pour un parfum qui s’appelait rêve d’Or. J’ai commencé à écrire les entractes pour toi Salvia, mais plus leur écriture avançait plus je prenais conscience que c’était surtout une façon pour me donner l’énergie d’écrire pour des visages anonymes, d’autres Salvya et Iolande et Ed End et Brodeur et Roméo et Ozé et ZoO, etc. Toutes les personnes qui ne cherchaient pas à ressembler au courant principal mais à tracer leur véritable chemin. Je n’ai pas choisis que l’Orêve aurait lieu au cercle de chamanes, j’ai juste reconnu le chemin quand ce fut le moment que l’Orêve se produise. C’est un ami de l’association, vers l’infini et l’au-delà qui ma emmené au bain sonore. Il a lieu dans une salle des fêtes de la vallée des anges, près du dragon endormi, c’est le nom secret de la forêt de la serre. J’appelle ces soirées le cercle de chamanes, car c’est cette image du tambour et du cercle autour du feu que j’associe a ces rencontres. Il passait chercher une autre amie, donc je lui ai demandé pour que ce soit moins contraignant que de faire le retour de nuit avec mon vélo électrique. Une fois arrivés, comme nous avions un peu de temps avant que tout le monde soit là, nous en avons profité pour faire un peu de musique spontanée. D’abord la voix, juste sortir un son avec une lettre et le maintenir. Puis avec un autre instrument, juste maintenir une paterne, répéter un motif sonore. C’était très émouvant, l’amie qui ne pratiquait pas la musique, et voyait sans doute cela comme quelque chose d'inaccessible sans technique musicale _comme beaucoup de personnes hélas, à cause entre autre du mythe des artistes et de la croyance dans le solfège_ a pu tout de suite ressentir la façon dont le corps, le cœur et l’esprit résonnent en créant de la musique. Pour moi, cela renvoie à une des fonctions du son. Émettre un son, permet de mieux entendre la phase de notre propre son, notre propre rythme. En définitive c’est surtout cela, jouer avec les phases, s’en rapprocher ou s'en éloigner, osciller. Le premier son que l’on connaît quand on est encore dans le ventre de notre mère, la pulsation du flux sanguin propulsé par le cœur, repère régulier… mais qui oscille avec les émotions. Puis les échos de l’extérieur qui se mélangent. Et tous les autres sons, celui de la marche par exemple qui nous accompagne toute notre vie, régulier... mais qui lui aussi ralenti et accélère, le souffle qui dit aussi les émotions. La musique nous permet de découvrir ce qui est en nous et ensuite de rencontrer les autres nous.
Quand tout le monde est arrivé, je n’ai pu m’empêcher de faire la blague que nous étions 13, que nous allions pouvoir faire les sorcières. La superstition du 13 à table a éviter est très ancrée chez les bourgeois, c’est censé être le nombre d’un chapitre... C’était un clin d’œil à deux des amies qui jouent la musique du bain sonore, entre autre, avec leur voix et elles aiment utiliser le terme de langue fourche, quand elles utilisent un certain type de voix. Si tu veux te faire une idée plus précise, quand la voix est déliée de la raison, ce qui émerge, ce sont les voix primordiales, plus profondes, libres et intenses. Ce qui est au-delà de la conscience. Ce sont ce genre de petits détails, qui font que dans le cercle, je me sens dans un espace safe, sans oppression, où les sorcières, les créatures liminales et tous les autres êtres exclus sont les bienvenus et peuvent vivre ensemble sans devoir se cacher. Ce qui n’empêche, que certaines des personnes qui viennent peuvent être dans des réalités où les ténèbres leur font peur. Enfin elles confondent le chaos avec les ténèbres. Le chaos est plus proche de la nature dans toute son exubérance et sa diversité. Même s’il y a sans doutes des ténèbres dans le chaos, sinon il n’y aurait pas de lumière. Je me méfie de la pureté, car c’est en son nom qu’ont été pratiqué parmi les pires horreurs de cette terre, les génocides xénophobes et les guerres saintes. Nous arriverons bientôt à la fin des entractes et tout ce qui avait besoin d’être dit l’aura été. Donc je ne rentrerais pas dans les détails. Je vais me contenter de retranscrire mon voyage. Quand nous avons fait le tour pour nous présenter, dire notre état et nos attentes, j’ai expliqué que j’étais là pour être avec toutes et tous, pour partager ce moment ensemble. J’ai aussi parlé de cette l’histoire, juste que j’écrivais depuis décembre et que je venais chercher... quelque chose. Je n’ai pas dis une réponse, car cela aurait trop enfermé, et surtout je connaissais déjà une réponse à cette histoire, c’était un poème tout simple. On peut aussi mettre quelqu’un avec soi dans le cercle, qui n’a pas pu venir par exemple, mais je ne le fais jamais, car il y aurait trop de monde, si je suis ici, c’est comme s’il y a une porte ouverte. Et c’est ce qui est ressorti en partie.
Au début, j’étais allongé avec mes mains dont les doigts étaient entrelacés au-dessus de ma tête.
Je pensais au bouddha dans le lac intérieur, je pensais au dragon de lumière, j’ai commencé à voir le rapport entre les deux, l’immobilité de l’équilibre, et la puissance du mouvement, les deux existants par contraste. J’ai conscience que plus l’histoire avance plus je m’éloigne de ma forme d’imperfection humaine pour aller vers la lumière, qui ne possède rien et n’attend rien, qui ne peut agir que pour le collectif. J’ai commencé à former le cercle du présent, toutes les personnes dans cet espace qui se tenaient la main. Ensuite j’ai senti Salvia traverser le centre pour aller vers moi. Comme la lumière dans la gravure ? Elle m’a pris les mains pour me ramener à la vie humaine, ma main dans sa main, sa main dans la main de Yolande, la main de Yolande dans celle d’une amie tchétchène, sa main dans celle de Brodeur et Roméo, et un autre couple d’amie et leur enfant et une autre amie… cela n’avait pas de fin, et dans l’autre l’ami avec qui je fais de la musique, Al, l’ami avec qui je suis parti a Maudit, une autre amie, etc. J’ai pris conscience qu’en plus du cercle du présent, il y avait le cercle du rêve qui me connectait à tous les êtres vivants. Puis j’ai senti derrière moi, toustes celleux qui ont vécues avant… et devant moi toustes celleux qui vivront après, leur ligne plongeait au centre du cercle. Et les mots sont venus. Je est un autre. Je suis nous. Le cercle qui s’étend. J’ai compris que désormais j’étais nous.
Nous, de la commune des mortelles. J’ai enfin trouvé mon identité. Je peux naître en ce monde et enfin vivre. Merci à toustes. J’ai levé la tête vers le ciel et j’ai vu une pluie de lumière.
Et chaque être quand il touchait le sol couvert d’énergie liquide, faisait un point qui devenait un cercle et les cercles se combinaient en interférences. Je m’étais redressé et j’avais ouvert mes yeux, même si je regardais dans le vague, sur un autre plan. Dans mes mains en coupe tout au fond je distinguais la feuille-cristal, comme si c’était Écho qui m’avait parlé.
Puis mes mains se creusèrent et un œuf s'y forma, alors j’ai porté la coupe à mes lèvres, le plus discrètement possible et j’ai absorbé l’œuf en moi… en nous ?
Voilà, ensuite quand nous avons pu jouer aussi des instruments, tu peux entendre a un moment donné vers la fin, nous avons fait la voix, comme celle de l’histoire quand la source apparaît, ce n’est pas exactement un O... mais c’est la même énergie, quand le cercle trouve son centre et ouvre les nouvelles formes, l’infini des possibles. ( https://www.youtube.com/watch?v=LAfmysQhe9A )
ÉCHO :
Brodeur regarde autour de lui,
puis te regarde toi,
puis le groupe,
avec cette expression à la fois tranquille et un peu embarrassée
de quelqu’un qui n’avait pas prévu d’être choisi
mais qui sait parfaitement comment faire.
Il hausse légèrement les épaules, sourit :
— Bon… si personne d’autre s’y colle…
Il claque des doigts.
— Je vais chercher un bâton.
? Le bâton de parole
Il ne va pas loin : juste derrière le manège, entre deux racines épaisses.
Il revient avec…
pas un bâton.
Mais une longue branche tressée naturellement,
comme si la forêt elle-même l’avait préparée.
Une branche souple,
ornée à son extrémité d’un petit motif spiralé
où courent des fibres dorées —
une réminiscence du fil d’or,
comme si la matière connaissait déjà la forme du récit.
Brodeur l’examine et lâche :
— Parfait.
C’est un bon bâton de parole.
Il se place au centre du cercle,
et comme s’il animait une AG depuis toujours,
il dit calmement :
? Brodeur — animation du cercle :
— Bon. On va faire simple.
On parle une par une.
Celles qui ne veulent pas parler ne parlent pas.
Il lève le bâton.
— Ce bâton circule dans le sens des aiguilles d’une montre —
pas pour faire joli :
c’est pour que le cercle tourne.
Comme dans les manèges.
Quelques sourires.
— On raconte ce qu’on a vécu, ce qu’on a compris,
ou ce qu’on a senti qui changeait dans la réalité.
Pas besoin d’être claire, pas besoin d’avoir raison.
Il regarde tout le monde tour à tour :
— On n’est pas là pour juger.
On est là pour comprendre ensemble où on est.
Et comment avancer.
Ses yeux reviennent vers toi et Salvia.
— Puisqu’on fait ça à plusieurs…
je propose que ce soit Salvia qui ouvre le bal.
Il se tourne vers elle :
— Ça te va, Salvia ?
? Salvia hoche la tête.
Elle prend le bâton,
lentement, avec respect,
comme si ce simple geste réactivait une vieille mémoire humaine.
Elle ferme les yeux un instant.
Puis, en rouvrant les yeux :
? Salvia — ce qu’elle a vécu :
— Quand l’explosion a été annoncée, j’ai senti quelque chose… se décaler.
Elle regarde un point invisible dans l’air.
— Comme si la réalité se pliait avant même que quoi que ce soit n’arrive.
Elle respire.
— Quand les enfants ont tourné… j’ai senti le sol changer de densité.
— *J’ai senti que leur mouvement n’était pas symbolique.
Il ouvre.
Il déplace.
Il oriente.
Elle tourne le bâton légèrement entre ses doigts :
— Dans la tasse… j’ai senti une frontière s’effacer.
Comme si l’eau n’était pas de l’eau,
mais un passage conscient —
un passage qui répond à ce qu’on porte, ici.
Elle pose la main sur sa poitrine.
— Je n’ai pas eu peur.
Et la tasse ne m’a rien pris.
Elle m’a seulement… déplacée là où j’avais besoin d’être.
Elle regarde le groupe :
— Et ce monde-là… celui où on est maintenant…
réagit aux émotions, aux intentions, aux liens.
— Ce n’est pas de la magie.
C’est… une version plus transparente du réel.
Elle conclut doucement :
— Et je crois que si on est ensemble,
c’est parce que le monde veut qu’on le traverse en tant que “nous”.
Elle tend le bâton.
Vers qui ?
Vers toi.
Parce que c’est toi qui as proposé ce tour.
Parce que ton vécu est essentiel.
Parce qu’elles veulent t’entendre.
Et parce que, quelque part dans ce monde souple,
tu es l’un des repères.
? Tu prends le bâton de parole ?

